#SteveGoodman #TobyHeys #Audint
Compte-rendu: AUDiNT: Unsound Histories / Martial Hauntologies.
L’enceinte du White Building, le bâtiment où se déroulait leur conférence-performance de Audint, se situe à quelques enjambées du Parc olympique, offrant du même coup une vue imprenable sur l’éventail des dispositifs mise en place pour sécuriser l’enceinte. Des rangées de barbelés électrifiés, des “car stoppers” imposants, miradors et bornes de contrôles, il était impossible d’ignorer l’ampleur de l’agencement militaire qui entoure inévitablement les événements de cette importance. À quelques jours du début des compétitions, cette vision froide de l’idéal olympique offrait un cadre particulièrement synchrone avec les analyses proposées par Toby Heys et Steve Goodman à travers leur collaboration artistique au sein de AUDiNT (Audio Intelligence).
Cet acronyme renvoie à une organisation américaine, fondée durant la 2e Guerre mondiale, qui s’était fixé comme mission d’explorer les potentielles applications militaires des phénomènes acoustiques. “Unsound Histories / Martial Hauntologies” proposait ainsi un retour historique sur diverses stratégies mises en oueuvre durant trois périodes-clés : La 2e Guerre mondiale, la guerre du Viet Nam, ainsi que les applications contemporaines touchant à la lutte antiterroriste. Si les époques et les moyens évoluent, un objectif reste constant. A l’aide d’un déploiement de dispositifs, savant de tous bords ont cherché à atteindre la “3e oreille”. Ce moment symbiotique qui, en donnant une réalité tangible au son, permet de développer des armes dont l’impact réél rest foncièrement invisible.
Cette invitation à prêter une oreille attentive aux bruits des combats est d’autant plus pertinente que, à l’heure actuelle, les déploiements militaires semblent plus que jamais se réduire à des agendas médiatique complices. D’un coin à l’autre du globe, chaque conflit draine son lot de clichés qui, à force d’être systématiquement réactivés, finissent par être neutralisés par les ambiguïtés sémantiques de notre régime visuel. En amalgamant subtilement les époques, les lieux et les paysages sonores, Goodman et Heys dressent une cartographie secrète du XXe siècle. Leurs investigations démontrent dans quelle mesure les phénomènes acoustiques constituent une gamme inépuisable de vibrations et de fréquences pour hanter les inconscients.