Maurice Scheltens: The DIY effect
Maurice Scheltens’ photographs often work as small visual traps. At first glance, his works captivate by their smooth perfection. However, when one pays more intense attention, one distinguishes the whole spectrum of little tricks which enabled the construction of these still-lives – artlessly tampered with.
Joël Vacheron: Orders from publishers, traders or artistic projects, your productions belong equally in a priori much diversified fields. How do you manage these different activities?
Maurice Scheltens: There are no clear boundaries between my different projects because they mutually influence each other, and it so happens that a commercial project enables me to experiment with totally original compositions. It is essential to work in several styles – this enables me to keep a more alert mind.
J.V.: Within these various activities, in what way do you get inspiration from your previous works?
M.S.: For each new project, I pay particular attention to the context in which my work will be presented, in order to choose the references which I will align with. I use art books, and more generally publications found in flea markets. I particularly like magazines and books on graphic art from the 1970s, in which I look for compositions which have an immediate impact and which are easily recognizable.
J.V.: What is your attitude to the Flemish pictorial tradition?
M.S.: In reality, my approach to still-life comes from the construction process rather than from the image itself. My work is thus closer to that of a graphic designer or a sculptor because
it frequently happens that I only take one photograph a day. The major part of the time is dedicated to the construction of the layout. In that way, what brings me closest to Flemish painting is perhaps the long hours spent in my studio.
J.V.: Do you feel a kind of nostalgia within applied arts today?
M.S.: It seems very obvious to me, especially in photography, but also in other domains such as graphic art, where we increasingly go back to very simple techniques. We also find this return to the past in the “home-made” or deliberately childish style used by many artists. Michel Gondry’s latest film is particularly representative of the current DIY1 spirit. In my opinion, this trend is a response to the ascendancy of technology within creation. There is a will to return to less perfect things, to preserve a more spontaneous and essential conception of things. All this responds to a quest for romanticism. |JV
Joël Vacheron
Published in the magazine idPure 11 (may 2007)
idPure N°11 p. 22-23
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Les photographies de Maurice Scheltens fonctionnent souvent comme des petits pièges visuels. A première vue, ses travaux séduisent par leur perfection lisse. Toutefois, lorsqu’on prête une attention plus attentive, on y distingue toute la gamme de petits artifices qui ont permis la construction de ces natures mortes ingénument trafiquées.
Joël Vacheron: Commandes éditoriales, commerciales ou projets artistiques, vos productions s’inscrivent équitablement dans des registres a priori très diversifiés. Comment gérez-vous ces différentes activités?
Maurice Scheltens: Il n’existe pas de barrières nettes entre mes différents projets car ceux-ci s’influencent mutuellement et il arrive ainsi qu’un mandat commercial me permette d’expérimenter des compositions totalement inédites. Il est essentiel d’opérer dans plusieurs registres, cela permet de garder l’esprit plus alerte.
J.V.: Dans ces différentes activités, de quelle manière vous inspirez-vous de travaux antérieurs?
M.S.: Pour chaque nouveau projet, j’apporte une attention particulière au contexte dans lequel mon travail sera présenté afin de choisir les références vers lesquelles je vais m’orienter. J’utilise des livres d’art et, plus généralement, des publications trouvées dans les marchés aux puces. J’affectionne tout particulièrement les magazines et les livres de graphisme des années 70 dans lesquels je recherche des compositions qui ont un impact immédiat et qui sont facilement reconnaissables.
J.V.: Quelle est votre rapport avec la tradition picturale flamande?
M.S.: A vrai dire, mon rapport aux natures mortes est plus à rechercher du côté du processus de construction que du côté de l’image elle-même. Mon travail est ainsi plus proche de celui d’un graphiste ou d’un sculpteur, car il arrive fréquemment que je ne fasse qu’une seule photographie par jour, la majorité du temps étant consacrée à la construction de la mise en scène. Du même coup, ce qui me rapproche le plus de la peinture flamande, ce sont peut-être les longues heures passées dans mon atelier.
J.V.: Ressentez-vous une forme de nostalgie dans les arts appliqués d’aujourd’hui?
M.S.: Cela me paraît très évident, surtout en photographie, mais également dans d’autres secteurs comme le graphisme où l’on en revient de plus en plus à des techniques très simples. On retrouve également ce retour vers le passé dans le style «fait maison» ou volontairement enfantin proposé par de nombreux artistes. Le dernier film de Michel Gondry est particulièrement représentatif de l’esprit DIY1 actuel. A mon avis, ce courant est une réponse à l’emprise des technologies sur la création. Il y a une volonté de retourner vers des choses un peu moins parfaites, de préserver une conception plus spontanée et essentielle des choses. Tout cela répond à une quête de romantisme. |JV
Joël Vacheron