#StreetStyles
People stopped randomly in the streets answered to the question “what are your lucky clothes or accessories?”
When you associate fetishism with the world of fashion, you immediately think of a complete sophisticated range of leather or rubber clothes and accessories. Masks, underwear, shoes and other tight-fitting coveralls play a key role in these masquerades heavily laden with sexual connotation. By allowing to turn the partner into an object conforming to subliminal expectations, they contribute to increasing the extent of the desire. Yet, in parallel with these spectacular and provoking outfits, fetishism in fashion also exists in more subtle ways. In fact, depending on individual or collective beliefs, the – on the face of it – most insignificant clothes and accessories are often charged with almost supernatural virtues. In fact, when you ask people, you realize that their dress choices and habits are guided by a cluster of beliefs, habits, or excessive attachment. So many omens, both material and irrational, which act as guides enabling us to follow our star. |JV
“A Ghostbusters T-shirt from the time of the film. The print is superb, thick and slightly cracked. I love it and only wear it for very special occasions.” “My best friend makes my jewels. The one I’m wearing was fitted directly onto my wrist and I never remove it.” “An embroidered scarf from my home country. It’s a way of carrying souvenirs of where I come from everywhere I go.” “Black clothes, especially big capes, because it gives me the impression of gaining exceptional powers. Now, for example, I feel a bit like Dracula.” “Jewels inherited from my grand-mother which give mean anchorage in the past and help me face the future.”
“Since my childhood I always have the same scarf which
belonged to my grand-father.” “An Obey The Giant T-shirt.” “Pajamas that I haven’t been able to part with for years.
There is nothing more comfortable in the world.” “A watch from my grand-father which I never wear
for fear of losing it.” “Earrings that my mother wore on her wedding day.” “A magnificent Vivienne Westwood coat. It’s a unique
piece whose value – symbolical as well as material –
is inestimable.” “My aunt’s clothes from the swinging London era.
It’s a bit as if they were impregnated with this epoch.”
Text and images: Joël Vacheron
Published in the magazine IdPure 13
N°13 pages 24-27
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Lorsqu’on rattache le fétichisme à l’univers de la mode, on pense immédiatement à toute une panoplie sophistiquée de vêtements et d’accessoires de cuir ou de latex. Les cagoules, les sous-vêtements, les chaussures et autres combinaisons moulantes jouent un rôle central dans ces mascarades à forte connotation sexuelle. En permettant d’instrumentaliser le ou la partenaire comme un objet conforme à des attentes clandestines, ces tenues participent à accroître l’étendue du désir. Toutefois, parallèlement à ces tenues spectaculaires et provocantes, le fétichisme dans la mode se dévoile également sous des abords beaucoup plus subtils. En effet, en fonction de croyances individuelles ou collectives, les vêtements et les accessoires a priori les plus anodins sont souvent investis de vertus quasi surnaturelles. Pour autant qu’on les interroge, on constate que les choix et les habitudes vestimentaires sont guidés par une constellation de croyances, d’habitudes ou d’attachements inconsidérés. Autant de présages à la fois matériels et irrationnels, qui servent de bornes pour suivre son étoile. |JV
«Un t-shirt de Ghostbusters datant de l’époque.L’impression est superbe, épaisse et légèrement craquelée.
Je l’adore et ne le porte que lors d’occasions
très spéciales.» «Mes bijoux ont été fabriqués par ma meilleure amie.
Celui que je porte a été monté directement à mon poignet
et je ne le quitte jamais.» «Une écharpe brodée de mon pays d’origine.
C’est une manière d’emporter des souvenirs de là
d’où je viens partout où je vais.» «Des habits noirs, surtout les grandes capes, car ça me
donne l’impression d’acquérir des superpouvoirs.
Là, par exemple, je me sens un peu comme Dracula.» «Des bijoux hérités de ma grand-mère constituent un
ancrage dans le passé qui m’aide à affronter l’avenir.» «Depuis mon enfance, j’ai toujours la même écharpe verte
qui appartenait à mon grand père.» «Un t-shirt d’Obey The Giant.» «Un pyjama dont je n’arrive pas à me débarrasser
depuis des années. Il n’existe rien de plus confortable
au monde.» «Une montre de mon grand père que je ne porte jamais
de peur de la perdre.» «Des boucles d’oreilles que ma mère portait
lors de son mariage.» «Un manteau somptueux de Vivienne Westwood.
C’est une pièce unique dont la valeur, aussi bien
symbolique que matérielle, est inestimable.» «Les habits de ma tante datant du swinging London.
C’est un peu comme s’ils étaient imprégnés
de cette époque.»
Texte et photographies : Joël Vacheron